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Pollution de l’air et santé

Les bénévoles vous expliquent la qualité de l’air

Fneuh, le hérisson

Les bénévoles du groupe “Qualité de l’air” de FNE Midi-Pyrénées prennent la parole pour vous expliquer les grandes problématiques de la qualité de l’air. Aujourd’hui, Clément brosse un tableau du lien entre la pollution atmosphérique et la santé.

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Comment est organisé le dispositif de surveillance de la qualité de l’air en France ?

C’est le ministère de la Transition écologique et solidaire qui est en charge du dispositif français de surveillance de la qualité de l’air : il est notamment responsable de la définition de la politique nationale de surveillance, de la prévention et de l’information du public sur l’air. Il définit les réglementations relatives aux polluants atmosphériques et organise la surveillance de la qualité de l’air aux dispositions européennes.

Le Laboratoire Central de surveillance de la Qualité de l’Air (LCQA) est le référent technique et scientifique au niveau national : il veille à la qualité comme à la cohérence des données de surveillance produites sur le territoire.

Des Associations Agréées pour la Surveillance de la Qualité de l’Air (AASQA) sont quant à elles chargées de la surveillance de la qualité de l’air extérieur, en effectuant par exemple des mesures de l’air. De plus, elles informent et sensibilisent la population comme les acteurs locaux.

Depuis 2017, cette mission est assurée en région Occitanie par l’Atmo Occitanie. Cette association diffuse également des recommandations en cas d’épisode de pollution. Observatoire agréé pour assurer la surveillance de la qualité de l’air sur le territoire régional, Atmo Occitanie fait partie de la fédération ATMO France.

Quels sont les impacts d’une mauvaise qualité de l’air sur notre santé ?

La pollution dues aux particules fines (d’un diamètre de 2,5 microns ou moins) émises par les activités humaines cause des décès prématurés.

Les effets sur la santé de pollutions de l’air sont visibles même avec un faible niveau de pollution de l’air.

Ils peuvent tout d’abord s’observer suite à une exposition de quelques heures à quelques jours. Il pourra par exemple s’agir d’irritations oculaires ou des voies respiratoires, de crises d’asthme, d’une augmentation de troubles cardio-vasculaires ou respiratoires (pouvant conduire à une hospitalisation), et même du décès (pour les cas les plus graves).

Une exposition à long terme, c’est-à-dire de plusieurs années (aussi appelée exposition chronique), aura bien sûr également des effets sur la santé. Des maladies chroniques vont dans ce cas être susceptibles de se développer ou de s’aggraver. Il s’agira par exemple de cancers, de pathologies cardiovasculaires et respiratoires, ou de troubles neurologiques.

Ce sont les expositions à long terme aux pollutions atmosphériques qui auront le plus d’impacts, et non les pics de pollution (donnant lieu à des expositions à court terme) : l’ensemble de la population étant exposée durant un temps plus long, l’impact collectif sera en effet plus élevé.

Le chiffre de 48000 morts dues à la pollution de l’air est retenu depuis 2016 par Santé Publique France. Nous le retrouvons fréquemment dans la communication autour de la prévention de la qualité de l’air. Des chercheurs de l’université Harvard ont, dans une étude très récente, démontré que ce chiffre est largement sous évalué et qu’il fallait plutôt compter presque 100000 décès annuels. Ce bilan, valable à toutes les échelles, s’explique notamment par le fait que les études annonçant un chiffre plus bas ne distinguaient pas les différentes particules fines qui sont plus ou moins toxiques.

Qu’est-ce qu’un épisode de pollution atmosphérique ?

Le Conseil de l’Europe définit la pollution atmosphérique par « … la présence d’une substance étrangère ou une variation importante de la proportion de ses constituants… susceptible de provoquer un effet nuisible… ou de créer une gêne ». Il s’agit donc de la présence dans l’air ambiant de substances émises par les activités humaines ou issues de phénomènes naturels pouvant avoir des effets sur la santé humaine ou l’environnement.

Un épisode de pollution se caractérise ainsi par une quantité trop élevée d’un ou de plusieurs polluants dans l’air dépassant les seuils réglementaires journaliers ou horaires, et pouvant ainsi présenter un risque à court terme pour la santé et l’environnement.

Les niveaux réglementaires sont fixés selon des critères prédéfinis : pourcentage de population impactés, durée de l’épisode de pollution…

Deux niveaux de pollution sont définis :

  • Un niveau d’information et de recommandation, dans les cas où une exposition de courte durée présente un risque pour la santé humaine de groupes particulièrement sensibles au sein de la population. Ce niveau justifie la diffusion de mesures d’information et des recommandation sanitaires pour ces catégories de la population en cas d’exposition de courte durée, ainsi que des recommandations et des mesures visant à réduire certaines des émissions polluantes (recommandation faite aux conducteurs de véhicules à moteur de limiter leur vitesse…).
  • Un niveau d’alerte, pour les cas où une exposition de courte durée présente un risque pour la santé de l’ensemble de la population ou un risque pour la dégradation de l’environnement : ce niveau justifie l’intervention de mesures d’urgence et d’ordre réglementaire visant à réduire les émissions de polluants dans l’atmosphère, et la diffusion de recommandations sanitaires adressées à l’ensemble de la population.

Que faire en cas de pollution atmosphérique ?

D’une façon générale, les émissions individuelles de polluants dans l’air extérieur (par exemple du fait de l’usage de véhicules motorisés individuels…) et intérieur (due par exemple au tabagisme passif, à l’utilisation d’encens ou de parfums d’intérieur) doivent être limitées.

En cas de gêne respiratoire ou cardiaque, il est recommandé de prendre conseil auprès d’un professionnel de santé, et de privilégier des sorties plus brèves et celles qui demandent le moins d’effort.

Les activités physiques aux endroits comme durant les moments où la pollution est la plus forte doivent être évitées, sans qu’il ne soit toutefois nécessaire de suspendre cette pratique. Sont concernés les lieux situés à proximité d’axe routier, ou les heures de l’après-midi pour les pics d’ozone.

Les populations vulnérables (femmes enceintes, nourrissons et jeunes enfants, personnes de plus de 65 ans, personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires, insuffisants cardiaques ou respiratoires, personnes asthmatiques) comme les populations se reconnaissant comme sensibles lors des pics de pollution (ou dont certains symptômes apparaissent ou sont amplifiés lors des pics : personnes souffrant d’affections neurologiques ou à risque cardiaque, respiratoire, infectieux…) doivent de surcroît prendre conseil auprès de leur médecin pour savoir si leur traitement médical doit être adapté si besoin.

Bibliographie.

Clément Fériot – Bénévole de FNE Midi-Pyrénées

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