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Ariège : réactions sur projet d’aéroport Andorran & projets autours du lac de Montbel

Notre association membre APRA Le Chabot, exclusivement bénévole, est très active sur le département de l’Ariège en particulier sur les problématique de l’eau, des milieux aquatiques et humides. Très attachée au principe de l’action en partenariat avec d’autres associations, elle porte et soutient de nombreuses luttes locales. En voici deux qui illustrent que le monde d’avant est toujours bien présent …

Association Agréée pour la protection des rivières  Ariègeoises

Projet d’aéroport international en Andorre : Stop aux projets climaticides !

12 avril 2021

Le 29 mai 2020, des étudiants du secteur aéronautique français publiaient une tribune dans le journal Le Monde pour affirmer leur souhait d’évolution vers un secteur aérien résilient qui respecterait l’accord de Paris consistant à limiter le réchauffement climatique global à 2°C.
Ce n’est pas nouveau, voilà des années que les scientifiques alertent sur la responsabilité de ce secteur qui émet notamment du CO² et des oxydes d’azote, d’importants gaz à effet de serre.
Alors que nous devons diminuer nos déplacements en avion, ce mode de transport continue à se développer. Nous sommes en train d’atteindre le summum du non-sens avec l’annonce d’un nouveau projet catastrophique pour l’environnement : l’Andorre projette de construire un aéroport international pour acheminer sur son territoire des clientèles « haut de gamme » en provenance de l’autre bout du monde. À 2000m d’altitude, en déplaçant une zone humide !
En cas de gel, un système de géothermie est même prévu pour chauffer la piste. Est-ce que le progrès consiste réellement à faire atterrir des avions en pleine montagne ? Avec un objectif de 500.000 passagers par an, c’est quasiment l’équivalent de 10 Airbus A320 par jour qui est souhaité !
En plaine, l’artificialisation des sols est déjà une catastrophe. La destruction du milieu fragile de montagne est certes déjà bien avancée en Andorre mais cela justifie d’autant plus de protéger les zones non touchées plutôt que de construire un aéroport international sur une zone humide singulière pour laquelle il est illusoire de croire qu’un déplacement serait envisageable.
On imagine les conséquences catastrophiques du bruit et des vibrations sur la faune telle que le Grand Tétras ou le Gypaète.
En pleine pandémie causé par la destruction de notre environnement, miser sur le transport aérien de luxe à 2000m d’altitude n’est pas une prouesse mais une menace hallucinante d’écocide ; et ce pour la minorité richissime qui pollue déjà le plus.
C’est à chacun de prendre conscience des limites physiques de la planète, un portefeuille bien garni n’autorise pas une empreinte carbone démesurée !
Nous souhaitons un tourisme durable et des mobilités douces, une nature préservée et accessible à tous ceux qui sont conscients de la nécessité de la préserver.
Du fait de son étendue, l’impact du trafic aérien concerne tous les habitants de la terre.
Toutefois dans notre département frontalier, nous nous sentons d’autant plus concernés par ce projet andorran que l’Ariège prend sa source dans la principauté et qu’il affecterait
inévitablement notre environnement.
Les associations de protection de la nature et de l’environnement demandent aux élus ariégeois de relayer leur opposition franche et déterminée à ce projet d’aéroport en altitude dont les nuisances ne s’arrêteront pas aux frontières.
Elles apportent leur soutien aux citoyens Andorrans et associations locales qui luttent activement contre ce projet inacceptable.

Montbel symbole de l’appropriation de l’eau et de l’espace !

30 mars 2021

Avec le projet Coucoo qui s’ajoute au projet de détournement du Touyre, Montbel devient un nouveau symbole de l’appropriation privée des biens communs que sont l’eau et les espaces naturels, et ce à des fins purement marchandes.
Ce lac artificiel créé dans les années 80 pour l’irrigation, mais dont la partie permanente a pu se renaturaliser assez bien au fil du temps, serait entièrement soumis à des critères de rentabilité, d’exploitation beaucoup moins vertueuse qu’il n’est prétendu :
– D’un côté de la digue, un lac pour soutenir une agriculture industrielle qui ne nourrit pas les hommes mais fabrique du maïs pour l’exporter à l’autre bout du monde. Ce maïs produit à grands coups d’eau, d’engrais et de pesticides dans les plaines alluviales de l’Hers, de l’Ariège ou du Lauraguais qui part approvisionner des élevages industriels gigantesques de bovins, et qui nous revient en steaks concurrencer nos éleveurs traditionnels, ici, en Ariège. Un lac, pur produit donc de cette mondialisation qui détruit notre environnement, nos sols et notre agriculture paysanne nourricière, de proximité et plus respectueuse de notre environnement.
– De l’autre côté de la digue, le projet cocoon propose la réquisition d’un lac pour un tourisme de luxe en direction d’une clientèle de privilégiés qui s’approprie l’eau et l’espace pour son seul usage. Il aura suffit que deux aristocrates pointent le bout de leur nez et déguisent un projet hôtelier juteux en opération séduction pour fasciner nos élus locaux. C’est bien de fascination qu’il s’agit car tout indique l’inverse de ce qui est promis. Un “éco village” c’est bien dans le discours sauf que celui-ci n’a rien d’écologique : il détruit un espace, protégé jusqu’ici, à grands coups de Spas dans les cabanes, de piscine à débordement, de norias de canots et de voiturettes. Ce village là bouleverse 2 kilomètres et demi de berges, multiplie les accès et les équipements de “viabilisation”. Au bout du compte, il privatise un espace public, car, ne nous y trompons pas, une clientèle prête à payer 250 euros la nuit ne tolèrera pas longtemps la présence à son réveil de promeneurs ou pêcheurs installés pour pique niquer à 2 mètres d’eux. Bien naïf qui croit l’inverse. A court terme, on présentera la clôture totale des lieux comme le seul moyen de préserver les quelques rares emplois de services créés.
Une autre voie est possible. Celle de soutenir pour développer le maraichage et l’agriculture paysanne, nourricière de proximité, riche d’emplois et respectueuse des sols et des milieux. Celle d’un tourisme doux, curieux et populaire venu apprendre et découvrir par des sentiers furtifs une nature sauvage venue se réfugier dans des havres de paix comme ici, sur les berges de la Fajane à Montbel.

En savoir plus sur Association pour la Protection des Rivières Ariégeoises (APRA) – Le Chabot : https://www.apra-lechabot.fr/

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